Dans les médias, faut pas raconter n’importe quoi sous peine de se faire rappeler à l’ordre.
Et par qui ma bonne dame, j'vous le demande, hein ? L’Etat, le gouvernement, le ministère de l’information ?
Non, sacrebleu, il y a bien longtemps que cette période est révolue. Nous ne sommes plus à l'époque du Maréchal de Gaulle !
Hein, Général ? Zuttecrotteueueueux, je vais encore me faire mal voir. Mais il y a pire que la censure officielle. Une force étrange qui pousse irrémédiablement tout individu s’exprimant dans un journal, sur une antenne de radio, de télévision à tourner sept fois sa langue dans son bec avant de l’ouvrir, sinon, panpan cul-cul !
Mais qui actionne donc cette main mystérieuse si prompte à tanner le postérieur de celui ou celle qui déroge à la règle ?
Ben, heu, en fait, c’est un peu compliqué. Avant, seul l’Etat veillait au respect des bonnes mœurs dans la presse et les médias. Il n’était alors pas question de se moquer des institutions, ou de railler un élu de la république (un peu comme maintenant, mais en pire).
Un système peu démocratique j’en conviens mais qui fut pourtant appliqué ici, en France, pays des droits de l’homme, jusqu’à une période assez récente.
L’avantage avec ce système, c’est qu’au moins, en cas de dérapage, on savait d’ou venait le bourre-pif.
Maintenant, la beigne peut arriver de n’importe où : Associations de défense, groupements laïques ou religieux, annonceurs, personnalités et même simple quidam…
Chacun ayant ses propres points de vue, persuadé de détenir la science infuse, et certain que ses valeurs sont universelles. Vous imaginez le bordel, heu pardon, le désordre...
Un mot de travers dans un journal, sur une antenne de radio ou de télévision, sur le net (aie, j'suis mal barré), et les avocats montent au créneau, clamant haut et fort le bien fondé des revendications de leur client, sans oublier d’exiger bien sur, la publication d’un démenti et comme il n’y a pas de petits profits, le versement de quelques dommages et intérêts.
Pour les humoristes et les journalistes, l’étau se resserre, surtout ces derniers temps, et ceux qui étaient considérés il y a peu comme consensuels se retrouvent à leur tour pointés du doigt.
Ainsi, Michel Drucker (voyou) et son ami Philippe Geluck (délinquant notoire) on a leur tour franchi les limites (hououououou les gredins !).
Le drame a eu lieu la semaine dernière sur Europe1.
Rappel des faits :
Le 15 octobre dernier, Philippe Geluck auteur de la fameuse BD « Le Chat » est invité dans l’émission de Mich Druck’. Il dialogue à l’antenne avec le vétérinaire Joël Dehasse, spécialiste du félin. Lequel explique qu’au Moyen Age, le chat a suivi les souris et les rats en Europe et qu'il a par ces actions protégé de la peste.
Et Philippe Geluck de poursuivre « A l’époque, Charles Martel a essayé d’arrêter les souris à Poitiers mais il n’y est pas arrivé. »
Bon, heu là c'est pas marrant mais pour avoir écouté l'émission et connaissant l'univers de Philippe Geluck, sur le moment, je dois avouer avoir souri (je sais j'ai honte, heu en fait non !). Et là, ce fut le drame. Rats, souris, chats, musulmans, animaux, il n'en fallait pas moins pour offusquer certaines personnes qui ont aussitot vivement réagi. AAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHH !
(Cri du mec qui comprend pas tout mais qu'est quand même en colère). Aussitôt, le Conseil français du culte musulman s’est manifesté. Le CFCM n’a pas apprécié la plaisanterie, considérant qu’il s’agissait de propos irrespectueux envers les Musulmans.
Je présente moi même par avance toutes mes excuses concernant les lignes qui vont suivre (on est jamais assez prudents) mais pourquoi une telle réaction ?
Il est évident que même s’ils pouvaient sembler confus vus de loin, les propos de Philippe Geluck ne visaient en rien la communauté musulmane. Si tel avait été le cas, j'aurais moi même vivement protesté. Certaines citations réellement injurieuses dans la presse et les médias sur ceux que l'on appelle pudiquement "minorités visibles" me révoltent infiniment plus. Sur cette affaire, peut-être aurions-nous du faire preuve d’un peu plus de distance, de discernement*, deux mots dont nous avons sans doute oublié la signification. (*voir dans de Petit Larousse Illustré, un bouquin vachement bien mais un peu encombrant).
J’entends déjà certains permis vous certains dire : « Ah, si Coluche était là, ce serait pas pareil »… Eh ben si, justement ! Personnellement, mon pessimisme m’oblige à penser que la présence de Coluche ne changerait rien à l’affaire. À l’heure qu’il est, notre humoriste préféré serait sans doute persona non grata dans les médias pour cause d’un dérapage malencontreux sur un sujet délicat. (Par les temps qui courent ce n'est pas ce qui manque).
Serions-nous devenus bas de plafond ? Personnellement, je pense que oui ... Mais quitte à vous décevoir, je ne citerai personne en particulier, je n’en n’ai pas les moyens.