17.09.2009
Funeste destin
En apprenant la nouvelle, je me dis que j'ai bien fait de ne pas faire ça comme métier. Non que je ne sois pas capable de faire boys band, je danse fort bien ! Mais c'est trop dangereux. Et puis, penser que ce type, à peine plus jeune que moi a terminé sa carrière en jouant dans Navarro c'est trop triste. Sur Internet, les commentaires affluent. Parce que les gens aiment bien les morts. Un décès, ça permet de compatir à la douleur de la famille, d'y aller de son petit message plein d'empathie. Un décès, c'est con, mais ça permet de se sentir vivant. Surtout quand le défunt est célèbre. Même Alain Delon ce matin sur Europe 1 a déclaré combien il était peiné de cette disparition, c'est vous dire. Pour ma part, cela ne va pas vous surprendre, je n'étais pas pour ainsi dire fan des 2 be 3. La simple évocation de ce groupe me rappelle les heures les plus sombres de ma carrière radiophonique. A l'époque, j'officiais sur une radio de jeunes. Vous savez, celle qui n'arrête pas de baisser dans les sondages depuis quelques temps. Une radio en trois lettres avec une grosse panthère. Bref, en ce temps là, les 2 Be 3 étaient au sommet de leur carrière. Leur tube du moment passait pratiquement une fois par heure sur l'antenne, un truc de dingue. Le soir, il m'arrivait de m'endormir avec ce refrain lancinant dans le crâne. Un cauchemar qui a duré toute une saison. Après, je suis parti sur d'autres ondes et tout s'est arrangé. En écrivant ces lignes, je me dis que la disparition de Filip Nikolic marque la fin d'une époque, et peut-être également, le début d'une nouvelle nostalgie : celle des années 90. Ne vous faites aucune illusion, vous n'y échapperez pas. Après le revival des sixties, des seventies, des eighties, le retour en force de la dernière décennie du millénaire nous pend au bout du nez. C'est comme ça. L'humain possède en effet l'incroyable faculté de regretter le passé, parce qu'avant quand même, ah ben c'était mieux, hein ! Dans quelques temps, Radiohead, Oasis ou Massive Attack deviendront à leur tout "vintage". Émus, nous nous souviendrons du jour où pour la première fois, nous avons branché notre modem 56 k pour naviguer sur la toile, des films de Cédric Klapisch, de Luc Alphand et de l'équipe de France de foot, champions du monde. Moi-même, il m'arrive de verser une petite larme quand j'entends Nathalie Imbruglia à la radio, ou bien encore lorsque je retombe par hasard sur une ancienne facture de mon forfait Ola de France Télécom. Nonobstant cet élogieux plaidoyer sur les années 90, je tiens à vous mettre en garde d'une chose : Le prochain qui me parle encore des 2 Be 3, je lui fais bouffer ma boite de boules Quies !
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16.09.2009
Soeurségo.com
"Si a 50 ans on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie", dixit Jacques Séguéla, grand manitou de la réclame, un peu sur le retour quand même. Pour ma part, j'ajouterai : Si en 2009 on n'a pas son blogue, c'est qu'on est un con ! Particulièrement en politique. Aujourd'hui, quel ministre, représentant de parti, député ne possède pas sa page internet ? Hein ? Je vous le demande. Ne faillissant pas à la la règle, Ségolène Royal s'est elle aussi lancée dans la course avec son site "Désirs d'Avenir". Déjà, j'aime bien ce titre. Désirs, c'est un joli mot, ça exprime l'envie, la soif, l'appétit. Et puis, l'avenir, non d'une pipe, c'est le futur... Voilà voilà. Vous l'aurez compris, ce titre résume toute les aspirations de la candidate malheureuse aux présidentielles : L'envie de futur, le besoin d'être déjà demain, parce qu'aujourd'hui quand même, c'est pas terrible. La preuve en images dès la page d'accueil. Sur fond de ciel bleu sur lequel passent quelques cumulus venus du Poitou-Charentes, le "Désirs d'avenir" utilise une typographie qui n'est pas sans rappeler celle utilisée dans la pub "36 15 Soleil" diffusée entre juillet 1985 et mars 1987 sur feu La Cinq. Mais passons, je ne suis pas mauvaise langue, et puis la voyance, ça m'a toujours fasciné. Ebloui par une telle qualité graphique, je suis aussitôt extirpé de ma béatitude par une voix céleste. Madame Royal me parle. Je vous le jure sur la tête du défunt Parti Socialiste. Ségolène s'adresse à moi. Sur l'écran de mon ordinateur elle apparaît. Vêtue d'une veste kaki, telle Le Che, les mains sagement posées à plat sur une table orange, elle me regarde droit dans les yeux. Elle me dit que tout va mal. Que la taxe carbone nous asphyxie, que sous nos pieds s'étend le gouffre effrayant des déficits publics, que les salariés d'un grand groupe de téléphonie sont victimes d'une étrange malédiction, qu'au PS les gens sont possédés par le diable, qu'elle veut la vérité, parce que, je cite : "de la vérité surgit la lumière" ... Je suis ébloui, la plénitude m'envahit, je suis, je suis ... Bernadette Soubirous ! Lorsque soudain, l'image disparaît. Sur l'écran de mon ordinateur ne figure qu'une page blanche avec le texte suivant : "Error 500 internal server error ... Un problème inattendu est survenu, veuillez réessayer ultérieurement". Les voix du net sont impénétrables.
08:27 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.06.2009
Adieu Bambi
Terminé, finito, kaput. Le roi de la pop s’en est allé manger les pissenlits par la racine. Pas facile en ces conditions de continuer de chanter. Vous avez déjà, vous, essayé de parler la bouche pleine de feuilles de salade, hein ? Bon, trêve de plaisanterie, ça fait drôle quand même. « Partir à 50 balais, c’est si jeune », me disait encore ce matin ma concierge tout en passant le sien dans les escaliers. « 50 ans, 50 kilos, vous vous rendez compte ? Il avait l’âge de sa taille le pauvre garçon. ». Ma concierge, loin d’être une philosophe de bas étages se livre en effet à un décryptage minutieux de l’actualité qui souvent me laisse baba. N’empêche, elle a raison Lucienne, 50 ans, c’est pas vieux. Michael est parti rejoindre la longue liste de ceux qui nous ont tant fait rêver (ou cassé les noix, question de gout) : Elvis P, Marilyn M, James D, Michel C, Claude F, Pierre D, … J'en passe et des meilleurs. Bref, star, comme métier, c'est pas facile, ça esquinte. Bambi parti enseigner le moowalk à Saint-Pierre pourrait d’ailleurs en témoigner. Ce matin, tout le monde est triste. Vous, moi, Lucienne et son balai, le monde entier pleure la disparition du chanteur gris. C’est comme ça, vivement lundi.
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