03.06.2010
Main courante
En ces temps chaotiques où tout part en quenouille (ma pauv' Simone), il n'y a pas que les retraites et les niches fiscales qui soient menacées.
La gendarmerie aussi ! Ah, les gendarmes, vaillants chevaliers au volant de leur Renault Traffic, sillonnant sans relâche nos routes départementales pour traquer, au mépris d'un danger certain, coupeurs de bourses et autres gibets de potence ...
Car figurez-vous, que la maréchaussée est dans la ligne de mire de notre bien-aimé président.
Petit rappel : Depuis janvier 2009, par la volonté du Chef de l'Etat, la Gendarmerie Nationale, ne dépend plus du ministère de la défense mais de celui de l'intérieur. Ceci afin (si j'ai bien compris) de rendre plus cohérente et plus efficace, la collaboration entre policiers et gendarmes. Bon jusque là, rien de bien choquant, puisque ces deux corps de métiers ont en charge des missions de police parmi les populations civiles.
Seulement voila, les soldats de la loi redoutent de voir, à terme, leur statut de militaire remis en cause.
Pour rassurer les troupes, Nicolas Sarkozy s'est rendu ce jeudi auprès de la brigade de Lamotte-Beuvron dans le Loir-et-Cher. D'accord, Lamotte-Beuvron, c'est pas Saint-Tropezzzz, mais pour un voyage officiel, ça fait moins cher en tickets d'autoroute, n'oubliez pas que nous sommes en criiise, non d'un képi !
Mais revenons à nos poulets. Au cours d'une discussion avec les gendarmes au sujet de leur nouvelle tenue, le Président a déclaré cette phrase passée quasiment inaperçue :
"Le képi, je le respecte, mais c'est difficile d'avoir le képi tenu d'une main et de courir de l'autre."
Loin de moi l'envie de me moquer (quoique), mais si le Président maîtrise aussi bien la langue française que la réforme des forces de l'ordre, on n'est pas sortis de l'aubergine !
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17.09.2009
Funeste destin
En apprenant la nouvelle, je me dis que j'ai bien fait de ne pas faire ça comme métier. Non que je ne sois pas capable de faire boys band, je danse fort bien ! Mais c'est trop dangereux. Et puis, penser que ce type, à peine plus jeune que moi a terminé sa carrière en jouant dans Navarro c'est trop triste. Sur Internet, les commentaires affluent. Parce que les gens aiment bien les morts. Un décès, ça permet de compatir à la douleur de la famille, d'y aller de son petit message plein d'empathie. Un décès, c'est con, mais ça permet de se sentir vivant. Surtout quand le défunt est célèbre. Même Alain Delon ce matin sur Europe 1 a déclaré combien il était peiné de cette disparition, c'est vous dire. Pour ma part, cela ne va pas vous surprendre, je n'étais pas pour ainsi dire fan des 2 be 3. La simple évocation de ce groupe me rappelle les heures les plus sombres de ma carrière radiophonique. A l'époque, j'officiais sur une radio de jeunes. Vous savez, celle qui n'arrête pas de baisser dans les sondages depuis quelques temps. Une radio en trois lettres avec une grosse panthère. Bref, en ce temps là, les 2 Be 3 étaient au sommet de leur carrière. Leur tube du moment passait pratiquement une fois par heure sur l'antenne, un truc de dingue. Le soir, il m'arrivait de m'endormir avec ce refrain lancinant dans le crâne. Un cauchemar qui a duré toute une saison. Après, je suis parti sur d'autres ondes et tout s'est arrangé. En écrivant ces lignes, je me dis que la disparition de Filip Nikolic marque la fin d'une époque, et peut-être également, le début d'une nouvelle nostalgie : celle des années 90. Ne vous faites aucune illusion, vous n'y échapperez pas. Après le revival des sixties, des seventies, des eighties, le retour en force de la dernière décennie du millénaire nous pend au bout du nez. C'est comme ça. L'humain possède en effet l'incroyable faculté de regretter le passé, parce qu'avant quand même, ah ben c'était mieux, hein ! Dans quelques temps, Radiohead, Oasis ou Massive Attack deviendront à leur tout "vintage". Émus, nous nous souviendrons du jour où pour la première fois, nous avons branché notre modem 56 k pour naviguer sur la toile, des films de Cédric Klapisch, de Luc Alphand et de l'équipe de France de foot, champions du monde. Moi-même, il m'arrive de verser une petite larme quand j'entends Nathalie Imbruglia à la radio, ou bien encore lorsque je retombe par hasard sur une ancienne facture de mon forfait Ola de France Télécom. Nonobstant cet élogieux plaidoyer sur les années 90, je tiens à vous mettre en garde d'une chose : Le prochain qui me parle encore des 2 Be 3, je lui fais bouffer ma boite de boules Quies !
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12.06.2009
Mauvaise foi
Ça y est, je l'ai vu ! J'ai enfin vu LE film! Vous savez, celui dont on a tant parlé ces derniers jours. Celui qui, selon certains a tout fait basculer. L'objet du scandale, responsable de la débâcle du Front National, du MoDem, et du PS aux élections européennes : Home. Oeuvre du redoutable écolo - anarchiste Yann Arthus-Bertrand. Un type dangereux, croyez-moi. D'abord, Yann, ça fait marin pêcheur, Arthus-Bertrand, aristocrate, ça peut pas coller. Ce type a certainement une double personnalité. Limite schizophrène, si vous voyez ce que je veux dire . Du genre qui voudrait sauver la planète tout en brûlant des centaines d'hectolitres de kérosène avec son aéronef pour faire ses films. Mais revenons à nos moutons (décidément bien ridicules vus du ciel). Hier, je me suis donc rendu, en voiture, Diesel je précise, à la Fnac, située à 6 kilomètres de mon domicile afin d'acquérir le fameux DVD. Bien sur, j'aurais pu emprunter le bus ou le métro, mais vous connaissez mon affection pour ce mode de transport. Coincé dans un gigantesque bouchon, à cause d'une bande d'abrutis, qui avaient eu la même idée, au même moment que moi (quelle vulgarité !) j'ai mis environ une heure, et englouti près de 6 litres de précieux carburant, avant d'arriver à destination. Mon Dvd en main, j'ai regagné mon domicile. Roulant à vive allure, renversant au passage quelques militants d'Europe Ecologie à rollers. J'étais impatient de glisser le disque, non recyclable dans ma chaîne home-cinéma dernier cri, écran géant, son DTS et tout le tintouin. Matériel qui, à pleine puissance, engloutit plus d'énergie que n'en consomme le Burkina Faso en une année. Et bien vous me croirez si vous voulez, ce film m'a fait réfléchir. Il m'a même bouleversé. Me faisant prendre conscience d'une chose que je ne soupçonnais même pas : je ferais bien de l'hélicoptère !
08:27 Publié dans Humeur et tête de veau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.05.2009
Pétain de sa mère !
Ça y est, encore une raison de me faire mal voir. Je me souviens que dimanche, c’est la fête des mères. Cette année encore, le téléphone de ma maman chérie restera muet. Je ne l’appellerai sans doute pas… Suis-je un fils indigne ? Certes non ! Je m’entends très bien avec ma mère. C’est une personne fort convenable, et j’en connais beaucoup qui aimeraient avoir une maman comme la mienne. Cultivée, intelligente, avec une bonne dose d’humour… Bon j’arrête là les compliments sous peine de la voir débarquer pour trois semaines de vacances à la maison.... Alors pourquoi tant de réticences à souhaiter la fête des mères me direz-vous? Et bien parce que c’est une fête pétainiste ! Bien sur, de nombreux pays rendent hommage aux mamans, et ça ne date pas d’hier puisque cette tradition remonte à la Grèce antique. En France, la journée nationale des mères a été instituée officiellement en 1941. Et par qui, je vous le demande ? Le Maréchal Pétain ! C’est là que ça coince ! On le sait à présent de façon quasiment certaine, papy les moustaches était un individu peu recommandable, avec de mauvaises fréquentations… surtout à la fin de sa carrière. Alors célébrer une fête initiée par un type qui a fricoté avec l’ennemi, désolé, j’peux pas ! Et puis, il devait pas être bien clair Pétain pour offrir des fleurs à sa mère. Je suis pas psy mais ce comportement devait certainement résulter d’un traumatisme post natal à tendance incestueuse… Bon, là je reconnais mon incompétence en ce domaine, mais faites moi penser à poser la question à Gérard Miller… En tout cas, c’est pas De Gaulle qui aurait offert un bouquet de roses à sa mère, en lui disant « bonne fête maman », tiens, je t’ai aussi fait un joli collier de nouilles… Chez les De Gaulle, ces futilités n’étaient pas le genre de la maison. L’unique fois ou le gamin a tenté d’amadouer sa mère en lui offrant un cadeau, Madame De Gaulle, aurait aussitôt déclaré « mon fils, garde plutôt ton argent de poche pour t’acheter un costume de général. Et prends pas du lin, c’est chiant à repasser »… Vous l’aurez compris, ne pas souhaiter la fête des mères, c’est faire acte de résistance. Non aux fleurs coupées, aux coffrets à bijoux confectionnées avec une boite à camembert, non aux cadeaux inutiles qui grèvent le porte-monnaie de millions d’enfants à travers le monde, non au Maréchal Pétain…
Vive la France !
08:30 Publié dans Humeur et tête de veau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.04.2009
Monsieur B.
Grand REX, catégorie 1, orchestre. Le billet est posé devant moi sur le bureau. Depuis bientôt un quart d'heure, je le regarde, le prends, le repose ... Avec ma place de concert, j'ai l'air d'un con.
Ce soir, au Grand Rex, je n'y serai pas, et lui non plus d'ailleurs. Pourtant, c'est pas son genre de planter les gens comme ça.
Mais samedi, la grande faucheuse m'a carotté celui qui m'accompagnait depuis près de trente ans. Un sorcier, un magicien, un de ces types capables de vous aider à continuer, même quand tout part en vrille autour de vous, un artiste quoi ...
Jusqu'à ce samedi du mois de mars, je pensais n'être fan de personne. Fan, c'est ringard, ça fait penser au type qui se tape tous les concerts de son idole, achète tous ses albums et ne manquerait pour rien au monde la moindre de ses apparitions à la télé. Hououououououou, la honte !
Mais au fait, combien de fois l'ai-je vu sur scène Mon Artiste à moi ? Au Zénith, dans des petites salles de banlieue, à Pleyel, à l'Olympia ...
Combien de fois ai-je écouté "Roulette russe", "Fantaisie militaire", L'imprudence", "Bleu pétrole" ...
Finalement, suis-je moi aussi ce que l'on pourrait appeler un fan ? Sans doute ...
Trop d'excès, trop de clopes, et voilà Mon Artiste parti pour une tournée de grands espaces, un endroit d'où l'on ne revient pas.
Si j'étais croyant, j'envierais Saint Pierre, en spectateur privilégié, écoutant religieusement Monsieur B. lui offrir une version acoustique de "Angora". Alors, St Pierre se mettrait à chialer comme une Marie Madeleine tellement c'est beau.
Mais je n'aime pas trop parler des gens qui partent. Des coups à sortir des conneries entre deux sanglots, des gros lieux communs...Alors, juste une chose ... Merci Alain.
08:34 Publié dans Humeur et tête de veau, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.03.2009
Pas de capote pour la calotte
Enfin ! Enfin tu as parlé. Tapis derrière mon journal, j'attendais fébrilement tes dernières déclarations. Comme une blague de Bigard, un monologue de notre bien-aimé Président, chacune de tes déclarations fait mouche.
Et cette fois encore, je suis servi. Paf, en plein dans le mille ! Chaque jour tu m'impressionnes un peu plus. Mais jusqu'où iras-tu ? Ah, il peut se gratter la fesse Dieudoné, dans la provoc', c'est toi le meilleur !
Icone de la réintégration des intégristes (concept o combien cher à ton coeur), il y a quelques semaines, tu m'avais déjà soufflé en déclarant vouloir lever l'excommunication d'un évèque négationniste, mais là, calotte basse Mon Seigneur, ce que tu as sorti lors de ton voyage au Cameroun me laisse sans voix.
Je te cite : "On ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs". "Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème".
Oser sortir un truc pareil dans un pays ou la population crève de cette saloperie, c'est comme rentrer en santiagues dans une mosquée, c'est risqué. Des coups à se faire lapider...
Aurais-tu des penchants suicidaire mon bon ami ?
Navrant ! En plus, tu n'as pas le sens des affaires. N'oublies pas que l'Afrique est ton fonds de commerce. Sans elle, ta petite entreprise ne vaudrait pas tripette.
Quoi qu'il en soit, capote ou pas, je ne risque pas de me rallier à ta cause. Dieu me préserve !
08:33 Publié dans Humeur et tête de veau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.03.2009
Un hippie à poil
Cette fois, c'est le ponpon ! Pourtant, j'aime le vie citadine, j'aime résider en appartement, mais là, je commence sérieusement à me poser des questions. Ne vais-je pas finir par m'exiler au sommet d'une montagne ou au fin fond de la Creuse pour enfin trouver la paix. Pour envisager ne serait-ce qu'une seconde vivre dans la Creuse, croyez-moi, il faut vraiment que la coupe de Moët & Chandon soit pleine. Zuttecrotteueueueu, il suffit ! Ma rétine me fait mal, mes oreilles bourdonnent et je sens monter en moi, sinon des envies de meurtre, du moins un désir fou de karcheriser l'espèce d'énergumène gisant sur la pelouse, juste en bas de chez moi. Mon voisin est là, torse nu, vautré sur ce carré de verdure agonisant sous son poids. Je serais Nicolas Hulot, je lui ferais un procès pour destruction du patrimoine écologique de l'humanité. Salaud ! En plus, il est au téléphone et il hurle comme un malade. Je suis en plein travail et me concentrer devient de plus en plus difficile ahahahahahahahahah ! La journée avait pourtant bien commencé sous ce beau soleil de mai. Tiens, je m'apprêtais même à être de bonne humeur, c'est pour vous dire ! Et en un instant, ce type fout tout par terre, vandale ! Ah, tu ferais moins le malin s'il pleuvait des cordes, hein ? Tu fermerais ta grande bouche par moins quinze, crétin décérébré ! Je travaille, moi mossieur. J'ai besoin de caaaaaaalme ! Quoi, intolérant, moi ? Pas du tout, j'attends la pluie ...
08:31 Publié dans Humeur et tête de veau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.02.2009
L'inconnu du métro
Lundi, 19 heures. Je sors du bureau. D'un pas décidé, je me dirige vers la station de métro. Il fait froid, je remonte mon col, com' d'habitudeueueueu, pardon, je m'égare. Ce soir, j'ai de la chance, la rame qui doit me ramener dans mes pénates est déjà à quai. Je monte, et m'installe sur un strapontin.
Le type assis juste en face de moi ne m'est pas inconnu. Je l'ai déjà vu quelque part, mais ou ? Vêtu d'un long manteau gris, d'une paire de chaussures ayant largement vécu, il à le regard dans le vide. Je connais ce gars, j'en suis sur ...
Ça y est, je me souviens, mon disque dur interne vient de ressortir l'identité de "Monsieur Morose". Aucun doute possible, c'est bien lui. Dans les années 90, ce quidam était ce que l'on a coutume d'appeler "une star du petit écran". A l'époque, l'inconnu du métro enthousiasmait les foules, et faisait rêver la ménagère de moins de 50 ans. Il menait grand train, figurant régulièrement en premières pages de la presse people, puis un jour, pouf, plus rien. L'émission à succès qu'il présentait depuis pourtant plusieurs années a disparu de la grille des programmes, et lui avec. Bien sur, pendant les mois qui suivirent, deux ou trois journaux lui consacrèrent quelques articles mais la vedette est peu à peu retombée dans l'anonymat.
Quinze ans plus tôt, je lui aurais certainement adressé la parole, lui demandant conseils et astuces pour "réussir dans le métier". Aujourd'hui, il est là, à quelques mètres de moi, et je ne me souviens même pas de son prénom.
Ça fout les jetons ! Quand j'étais ado, je rêvais de devenir moi aussi "vedette de la télé". Signant des autographes, répondant à des interviews, j'aurais porté des lunettes noires pour que les gens me reconnaissent. Tous les ans, j'aurais passé mes vacances dans une somptueuse villa de Saint Tropez, chanté pour les restos du coeur, milité contre la guerre, pour la paix, contre la torture des batraciens les soirs de pleine lune, parce que j'aurais été un mec bien.
Heureusement, rien de tout cela n'est arrivé. Quand j'y pense, je l'ai échappé belle ...
08:36 Publié dans Humeur et tête de veau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.02.2009
Pas ma faute
C’est en parcourant un article paru dans le Mondele 30 janvier dernier que m’est venu le déclic. Selon une étude très sérieuse menée par des scientifiques américains, la ville nuirait à notre cerveau. (Les scientifiques sont toujours américains, c’est comme ça, on y peut rien). En effet, selon ledit article, "après avoir passé quelques minutes dans une rue bondée, le cerveau est moins en mesure d'organiser les informations qu'il reçoit dans la mémoire. A l'inverse, la nature serait un élément extrêmement bénéfique pour le cerveau". Depuis des années, (bientôt 40 ans selon une étude menée auprès de ma personne, par moi même), j’ai une fâcheuse tendance à oublier certaines choses de la vie courante : Rappeler untel, acheter du Sopalin parce que ça fait une semaine qu’y en a plus dans le placard, ranger çi, manger ça, faire des trucs vachement importants au bureau, la liste est non exhaustive. Si je ne fait pas pas tout ça, c’est pas ma faute, c’est parce que j’suis malade, na ! Ils le disent les savant américains, parce qu’ils ont vachement bossé là dessus, si je ne suis pas organisé dans ma caboche, c’est à cause des mobylettes et des Klaxons. J’ai besoin de verdure ! Offrez moi un arbre, un géranium, ou parce que les temps sont durs, une simple feuille de salade. Vous avez de la chance, en plus j’suis pas difficile.
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05.02.2009
Il est venu, il a parlu
Hier soir, vous étiez plus de 15 millions devant votre téléviseur à écran plat acheté à crédit . 15 millions de chômeurs potentiels à suivre attentivement le monologue du petit monsieur tout nerveux en costume sombre. C’est qu’il en avait des choses à dire sur la crise, notre chef à tous, hein ? Des choses importantes, primordiales même. Au risque de vous décevoir, je ne m'étendrai pas sur le contenu des propos de Monsieur N. D’autres personnes, plus aguerries au décryptage politique le feront bien mieux que moi. Et puis, je dois vous avouer une chose. Une chose terrible. J’ai fauté. Oui, je le confesse, ici, devant vous car je ne pourrai garder plus longtemps ce lourd secret pour moi tout seul. Hier, je n’étais pas devant ma télé. Croyez-moi, ce matin, en réalisant mon geste, je me suis senti coupable. “Qu’ai-je donc fait là” me suis-je dit. “Ahahahahahahahah, honte sur moi, je ne suis qu’un monstre d'égoïsme, jamais je ne me pardonnerai d’avoir prêté aussi peu d’attention à la parole sacrée de notre maître, ahahahahahahah” ... Bon, j'exagère un peu quand même. Mais il est vrai qu’hier soir, bravant le couvre feu, je suis sorti. Errant dans les rues sombres et désertes de la capitale (forcément, vous étiez tous devant votre télé, bande de faillots) j’ai découvert une expo photo sur la chine, puis, la soif me tiraillant, je suis rentré dans un bistrot pour boire un verre, j’y ai rencontré des gens sympas (des rebelles, comme moi), nous avons discuté, puis bu un au verre, puis discuté, puis bu un autre verre, mangé quelques tapas, j’ai fumé 3 cigarettes et pour terminer, je suis rentré en taxi. Au total, j’ai rapporté à l’état 5,20 Euros de TVA. En y réfléchissant, alors que vous étiez lamentablement avachis dans votre canapé Ikéa, à moitiés endormis, la bave au coin du bec, à écouter parler un type qu’en réalité vous n’aimez pas (ne mentez pas, je le sais), je m'efforçais au péril de ma santé, de renflouer le déficit colossal de notre nation, houououououou, pas bien, houuououououou ! Finalement, je me demande qui de vous ou de moi devrait avoir honte. Bonne journée quand même !
08:38 Publié dans Actu, Humeur et tête de veau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

