06.10.2009

L'Auvergnat au pays des cow-boys

 

Bien sur, nombreux sont ceux qui connaissent Jean-Louis Murat pour son duo avec Mylène Farmer, la vieille dame lubrique aux cheveux rouge. Pour être honnête, dans ma carrière d'homme de radio, c'est pas ce que j'ai entendu de mieux. Et puis, si je me souviens bien, la chanson s'appelait "Regrets", ça veut tout dire ...

Pour ma part, j' ai découvert l'Auvergnat mélancolique en 89 avec Cheyenne Autumn. Un très bel album à l'atmosphère envoûtante, aux textes romantiques mais pas guimauves, renfermant quelques trésors dont certains sont devenus des tubes ( "L'Ange déchu", "Te garder près de moi" ). J'ai tout de suite aimé son univers. Bien sur, certains diront que Murat est un mec triste. Un type qui fait de la musique à écouter un dimanche de pluie à coté de son chien mort, et qu'en ces temps chaotiques, où les salariés de France Télécom ont une fâcheuse tendance à se pendre avec le fil de leur combiné, c'est pas bien de donner des envies morbides aux gens.  Que nenni ! Murat, est un type discret, voilà tout. Il fuit Paris et les mondanités, et pratique les médias avec parcimonie. Deux ou trois coups de gueule sur un plateau télé, et il rentre chez lui, là-haut dans sa montagne. Parce qu'il a pas que ça à faire, l'artiste. Il bosse dur, lui ! Sortir un album par an, c'est pas donné à tout le monde. Un an après Tristan (réalisé pratiquement seul), Il fallait donc s'attendre à ce que le troubadour du Puy de Dome revienne au galop. C'est chose faite. Au galop c'est le cas de le dire puisque pour son nouvel opus, "Le cours ordinaire des choses", le vieil ours a quitté le pays de Giscard pour Nashville, histoire de mêler ses envolées poétiques aux sonorités rock et country de quelques musiciens indigènes. Le résultat ? Pas mal du tout. Pour ma part, je trouve l'album réussi. Le mélange des genres s'opère tout en finesse et en subtilité. Pour tout vous dire, ça me rappelle un peu l'excellent "Mustango" enregistré voilà dix ans avec Calexico (à écouter absolument). N' en déplaise aux mauvaises langues, "Le cours ordinaire des choses" ne me donne nullement envie de me pendre. Même avec un lasso !

 

 

 

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